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Ce qu'on fait en vrai

Massacrer l'Odyssée pour les 6e


Jeudi 20 mai 2010 4 20 /05 /Mai /2010 06:09

Oui.

Depuis hier.

Jusqu'à lundi.

Ca fera (attendez...) 6 jours de célibat avec enfant. Mère célibataire quoi.

Bon ok.

Mère enceinte célibataire.

C'est pas la fête de la sloggi non plus, surtout que si j'en trouve une, de sloggi, elle a intérêt à avoir été taillée dans un parachute.

Du coup, cette nuit, j'ai rêvé que Gorille me quittait.

Notez que je suis pas malheureuse, du moins dans la vraie vie. Hier, j'ai abattu un taff de folie, la maison sans mec et sans chien est nickel, j'ai même trié mes fringues.

Un truc de fou.

Comme si soudain, je ne pouvais plus compter que sur moi-même... Seule constante dans ce chaos, je me suis endormie devant V (je ne verrai donc jamais un épisode en entier?)

Bref.

Donc cette nuit j'ai fait un rêve très réaliste. Gorille me quittait. pour une autre C'était d'autant réaliste que je l'ai déjà vécu, il y a...pfff...des sloggis de ça.

Oui, je sais, c'est difficile à croire mais j'ai déjà été larguée pour une autre. Je me souviens de l'annonce, j'avais flairé le truc. Mais ça, ce n'était rien. Mon cerveau a tout retenu et tout insufflé dans mon rêve.

Le moment d'intense liberté.

Le moment de léthargie.

Et le petit matin où on se réveille, l'esprit en béton vide.

Juste avant le cauchemar.

 

Bref, ce rêve était terrible. Ca m'apprendra à créer des personnages de roman largués avec des gosses et qui se lamentent pendant quatre chapitres.

 

Du coup, ce matin en me levant, déjà que je ne me sentais pas super glam' ces derniers temps (obèse, enceinte, vieille, et en plus j'ai une coupe de cul)

(pour ceux qui auraient un doute, je n'ai pas fait faire une coupe à mon cul., ce qui détonnerait  encore un certain souci de plaire.  "Avoir une coupe de cul" ça veut dire être mal coiffée)

Donc j'en étais au stade où je me demandais pourquoi j'infligeais ça à Gorille. J'étais même à deux doigts de l'inscrire directement sur meetic pour chercher ma remplaçante.

Celle dont, dis-je souvent en riant, suite à une réflexion de mes chers beau-parents qui adorent répéter à tout le monde que ce qu'on réussit le mieux chez eux, ce sont les seconds mariages, celle dont je ne suis que le "brouillon".

Seulement, ce matin, je ne me sentais justement que le brouillon de la vraie femme de Gorille.

Un truc flou et mal ajusté.Gribouillé.

Et là, pour la première fois depuis très longtemps, je me suis souvenue comme c'était fragile, un couple. Assez fragile pour exploser à la première prise de conscience. Ca doit être pour ça qu'on est tentés de s'y enfermer, de se mettre des oeillères.

La vérité, en amour, est terrifiante.

Et je me suis demandé à quoi tenait mon couple avec Gorille.

Il est évident que nous sommes des constructeurs. Des genres de castor de la relation amoureuse (sans les dents ni la queue plate). Il est évident aussi que nous sommes incapables de nous poser sur nos fesses et profiter. Chaque année, nous trouvons un nouveau challenge. Cette année par exemple, j'étais relativement peinarde, je n'avais plus qu'à valider ma titularisation, Gorille bossait tranquillou, après l'année de mon bouquin et mon concours... Et hop... Deuxième enfant, reprise d'études pour Gorille (qui a bien le droit, à son tour, de penser à lui).

 

Mais le reste?

 

Le quotidien est chiant, oui. Mais tout le monde sait que je suis une allergique du quotidien et que Gorille adore en parler et faire des histoires autour (mon dieu! Si la machine faisait du bruit, c'est parce qu'il  y avait un caillou dedans! Probablement ramené du square par la Malé - jamais à cours d'idée pour nous nuire, celle-là - ou par sa mère qui à biiiiiiiip ans ramasse toujours les cailloux qu'elle trouve jolis et ne veut pas les jeter à la poubelle "parce que ce n'est pas leur destin de cailloux")

Le quotidien, c'est la mort mais c'est aussi ce qui construit.

Si quelqu'un connait la méthode pour trouver le bon équilibre, je prends.

 

Et tout le reste?

 

Nan, je ne vais pas vous parler de notre vie sexuelle mais ça va bien, merci.

 

J'avoue que je n'en ai aucune idée, pour le reste.

J'ai parfois le sentiment que ça ne se joue même pas entre Gorille et moi mais entre moi et moi.

 

Quand j'étais petite, je l'avoue, je voulais être célibataire. Je voulais des amis et des amants, et puis être reporter ou écrivain.

C'était un rêve de vrai conformiste, ce que je suis  et que j'ai toujours été.

Je voulais être libre et vivre des aventures incroyables, retrouver au port des attaches solides et puis m'amuser.

Allez savoir pourquoi je suis tombée raide amoureuse du type le plus ancré de la terre, le plus enraciné, le plus droit et le plus fiable. Un chêne, en somme.

Allez savoir pourquoi j'ai tout accepté, alors que je ne voulais plus rien, surtout plus rien et encore moins d'amour: l'appartement, le mariage, les enfants, la belle-famille (qui est gentille mais qui fait chier, voyez-vous? On devrait interdire le concept de belle-famille. Les enfants qui voudraient trahir...pardon...se marier n'auraient qu'à renier leur famille et partir vivre dans une tribu inconnue avec leur nouvelle acquisition. Je suis sûre que de telles moeurs existent. Tout existe. Notez que je refuse de toute façon de vivre dans une  tribu, moi qui trouve déjà que le camping en total Lafuma, c'est roots...)

 

Il faut que je me penche sérieusement sur la question.

 

En attendant, je dois aller préparer le pique-nique de la Malé qui part en sortie scolaire. Comme je suis une mauvaise mère pas très inventive, je vais lui refourguer un sandwich pour la deuxième fois de sa vie.

La première, c'était pour le même motif en septembre (il y a donc 8 mois) et la Malé continue de me dire parfois, avec un air dramatique: "Maman, l'autre fois, tu m'as fait un sandwich et je n'ai pas aimé!" (ton de l'enfant qui se retient de vomir sur les chaussures de sa mère, par pure bonté).

Tant pis, elle mangera des chips.

Faut apprendre à se serrer la ceinture, quand on fait partie d'une famille monoparentale.

Par Le Cauchemar du Mulot - Publié dans : A cucul's touch
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